Ayant débuté sa carrière comme danseur pour des chorégraphes de renom tels Jean-Pierre Perreault, Jo Lechay et Louise Bédard, Sylvain Émard se tourne vers la chorégraphie en 1987 et fonde sa propre compagnie. Son style unique ne tarde pas à s'affirmer. Émard est reconnu pour son vocabulaire chorégraphique distinctif et raffiné, un langage gestuel qui touche d'abord les sens tout en interpellant l'intelligence du corps tout entier.
Artiste prolifique, il a créé plus d'une vingtaine d'oeuvres originales au cours des vingt dernières années. Depuis Ozone, Ozone (1989), sa première pièce solo, jusqu'à sa plus récente pièce, Le Grand Continental (2009), Sylvain Émard explore le territoire de la nature humaine à travers la puissance du corps.
Son style unique et ses qualités de créateur rigoureux et inventif lui permettent également d'oeuvrer à titre de chorégraphe invité dans le milieu du théâtre, de l'opéra et du cinéma, ainsi que dans des institutions d'enseignement de la danse réputées. En 2004, Sylvain Émard est invité par Robert Lepage à chorégraphier l'opéra 1984, une œuvre magistrale présentée en mai 2005 sur les prestigieuses planches du Royal Opera House de Covent Garden, à Londres. En mai 2008, 1984 prend l'affiche de la légendaire Scala de Milan, sous la direction de Sylvain Émard. De plus, à l'invitation de la compagnie néerlandaise Station Zuid, Sylvain Émard crée une œuvre pour sept danseurs en sol hollandais, dans le cadre du spectacle international 7 by 2. Cette pièce récolte les éloges du public et de la critique lors d'une tournée de trois grand festivals néerlandais en août et septembre 2007.
Président et membre fondateur du centre chorégraphique Circuit-Est, Sylvain Émard a siègé au conseil d'administration des Prix du Gouverneur Général pour les Arts de la scène de 2000 à 2006. En 2003, il est nommé membre officiel du comité de parrainage du Grand Théâtre de Lorient, en France.
Récipiendaire du prix Jean A.Chalmers de chorégraphie (1996) pour lensemble de son oeuvre. Cette reconnaissance est la plus haute distinction en danse au Canada.
Lauréat en danse au Grand Prix du Conseil des arts de la communauté urbaine de Montréal (1996) pour Rumeurs.
Récipiendaire du prix Jacqueline-Lemieux du Conseil des Arts du Canada (1991).
Personnalité de lannée en danse par lhebdomadaire culturel VOIR de Montréal avec Des siècles avec vous (1994).
Nomination pour le prix Dora Mavor Moore avec Agathe (1995).
Depuis sa fondation, Sylvain Émard Danse est en évolution constante. Au tout début, Sylvain Émard se concentre surtout sur la création solo avec Ozone, Ozone et L'Imposture des sens (1989). Ces premières œuvres amènent la compagnie pour la première fois en Europe, dans le cadre du Danséchange Montréal-Bruxelles. En 1990, la compagnie coproduit De l'Éden au Septentrion avec Danse-Cité. L'année suivante, Retour d'exil est présenté dans le cadre du Festival international de nouvelle danse de Montréal. Ces œuvres emploient une esthétique où la théâtralité se fait plus présente, constituant un point de jonction entre un théâtre muet et le langage dansé. Durant cette période, Sylvain Émard jette les bases d'une danse qui allait devenir moins tragique et plus formelle. En 1990, le chorégraphe reçoit le prix Jacqueline Lemieux du Conseil des Arts du Canada.
Terrains Vagues (1993) marque le début d'un second cycle de création. Cette œuvre pour trois hommes et une femme permet au chorégraphe de multiplier les interactions entre les danseurs, dynamisant ainsi l'espace. L'approche scénographique est déterminante : trois tonnes de terre sont installées dans un studio pendant plusieurs mois, permettant une plus grande intégration entre la danse et la scénographie et maximisant l'impact de l'œuvre. Présentée en Écosse, au Festival Danse Canada (Ottawa), à Montréal puis en tournée dans l'Ouest canadien et dans les Maritimes, cette pièce concrétise l'amorce d'une diffusion plus large pour le répertoire de la compagnie.
En 1994, Sylvain Émard sent le besoin de revenir à la performance solo et crée Des siècles avec vous. Pour ce solo, il s'inspire du portrait et de l'autoportrait dans les œuvres de Rembrandt et de Francis Bacon. Émard renonce définitivement à ses références théâtrales au profit d'une danse axée sur la kinesthésie. Le spectacle est très bien accueilli autant par le public que par la critique et le chorégraphe se voit nommé personnalité de l'année en danse par l'hebdomadaire culturel VOIR de Montréal.
Parallèlement à la préparation de son spectacle solo, il élabore Agathe, une commande de la danseuse Sophie Corriveau, dans le cadre du Volet Interprète de Danse-Cité. La compagnie présente Agathe à Toronto où elle est mise en nomination pour le Prix Dora Mavor Moore. La pièce sera reprise dans le cadre d'une tournée montréalaise aux côtés de deux autres solos créés par Sylvain Émard : Le bruit Qui court, avec Luc Ouellette et À jamais, interprété par Marc Boivin.
Avec Rumeurs (1996), un quintet pour hommes coproduit avec le Festival Danse Canada, le chorégraphe explore l'âme humaine à travers le thème de la mémoire. L'organisation chorégraphique d'Émard se précise davantage. La pièce obtient un succès sans précédent : assistance exceptionnellement élevée et critiques plus qu'élogieuses donnent un nouvel essor à la compagnie. En 1996, Sylvain Émard Danse est lauréat pour la danse au Grand Prix du Conseil des Arts de la Communauté urbaine de Montréal. Cette même année, Sylvain Émard se voit remettre le prestigieux prix Jean A. Chalmers de chorégraphie pour l'ensemble de son oeuvre. Cette reconnaissance, la plus haute distinction en danse au Canada, constitue un vif encouragement pour l'artiste.
Avec la création de Mensonge Variations (1998), pièce pour six danseurs, Sylvain Émard souhaite approfondir l'aspect formel du mouvement dans le but d'en dégager le sens caché. Il en résulte une œuvre qui transcende toute logique et défie toute description, tel un rêve. Cette pièce représente, sans aucun doute, l'approche la plus abstraite de toute la démarche artistique du chorégraphe. Après une première mondiale remarquée à Montréal, la compagnie entame une tournée québécoise avant d'être invitée pour la première fois à Paris dans le cadre du Printemps du Québec en France.
Une fois de plus, après une pièce de groupe, Sylvain Émard ressent l'envie de retrouver la scène en tant qu'interprète. C'est alors que prend forme le projet Te souvient-il ? (2000) qu'il élabore avec sa complice de longue date, la chorégraphe Louise Bédard. La création s'appuie sur le travail scénographique de l'artiste peintre Pierre Bruneau, collaboration qui marque le début d'un nouveau cycle de création pour Sylvain Émard et qui vise l'intégration d'œuvres plastiques au travail chorégraphique. Acclamée comme une oeuvre unique, à l'image de la maturité artistique des deux chorégraphes-interprètes, Te souvient-il ? connaît un parcours de diffusion exceptionnel avec plus de 50 représentations à travers le Québec, le Canada anglais, le Mexique et la France.
Bénéficiant de plusieurs résidences de création au Québec et en France, Scènes d'intérieur voit le jour en octobre 2001. Première coproduction internationale de la compagnie, Scènes d'intérieur fait l'objet d'une collaboration liant Sylvain Émard Danse, le Studio de l'Agora de la danse de Montréal et le Centre culturel Aragon en France. Se basant sur une approche de recherche documentaire, le chorégraphe s'inspire des témoignages des six danseurs de la pièce et travaille à l'intégration scénographique de l'outil vidéo. Cette démarche donne lieu à une oeuvre où le rapport à l'autre est à la source de toute action. Avec Scènes d'intérieur, la compagnie connaît une large diffusion à travers le Québec. Neuf villes de la province accueillent cette production avec enthousiasme. Le succès de cette oeuvre dépasse les frontières et près d'une vingtaine de villes au Canada, en France et en Grande-Bretagne présentent cette pièce qualifiée par la critique d'« oeuvre magistrale ».
En mars 2004, Pluie est présenté à l'Usine C de Montréal en première mondiale. Premier volet d'un nouveau cycle intitulé Climatologie des corps, ce duo s'inspire du climat comme métaphore des éléments extérieurs qui affectent la vie des êtres. Avec ce spectacle, Sylvain Émard met en relief l'influence de ces éléments sur la relation existant entre un homme et une femme. Deux résidences de création à la Fondation Jean-Pierre Perreault ont permis au chorégraphe et à ses collaborateurs d'intensifier leur travail de recherche. Cette fois, c'est à l'artiste visuel torontois Edward Pien qu'est confiée la scénographie de Pluie, permettant à Sylvain Émard de poursuivre son intérêt pour l'intégration de multiples formes d'arts à son oeuvre. En mars 2005, ce duo climatique s'envole pour l'Europe marquant ainsi le début de la circulation internationale de la pièce.
C'est en octobre 2005, qu'est dévoilé à l'Usine C de Montréal, le deuxième volet du cycle climatologique intitulé Temps de chien. Désirant aller encore plus loin dans son étude des influences extérieures sur les individus, Sylvain Émard examine cette fois, l'impact de ces éléments à travers les relations entre six personnes. Lire dans les corps ces transformations profondes et voir comment cela se traduit à l'intérieur de différentes dynamiques interpersonnelles : voilà ce que nous propose ici Sylvain Émard. Dans le cadre du processus de création, la compagnie bénéficie de plusieurs résidences au studio de l'Agora de la Danse (Montréal), au Grand théâtre de la Ville de Lorient (France) et au Banff Centre for the Arts (Alberta). Cette diversité de lieux d'accueil contribue à la richesse du propos chorégraphique en offrant les conditions requises à l'élaboration de courtes pièces où les géographies sont mises à contribution. En avril 2007, Temps de chien séduit les publics britanniques, français et néerlandais sur son passage. Temps de chien est une coproduction internationale de Sylvain Émard Danse, du Grand Théâtre de Lorient (France), du Centre National des Arts (Ottawa), du Festival Danse Canada (Ottawa) et du Banff Centre (Alberta).
Wave vient boucler remarquablement le cycle de la Climatologie des corps. Dans la foulée du succès remporté par Pluie et Temps de chien, Sylvain Émard amorce, en décembre 2007, la création de Wave. Sans être une dénonciation de la situation climatique actuelle et à venir, cette pièce pour cinq interprètes féminines explore notre capacité et notre désir individuels à nous fondre dans un environnement de plus en plus vaste et multidimensionnel. Ce quintette virtuose voit le jour au Zeeland Nazomerfestival en Hollande, le 27 août 2008, avant de prendre l'affiche de l'internationale tanzmessse nrw à Düsseldorf et de sillonner les routes néerlandaises en août et septembre 2008. Après cette tournée européenne, Wave rentre à l'Usine C de Montréal en septembre 2008, pour sa première nord-américaine. Wave poursuit son élan, dès janvier 2010, pour une tournée canadienne et européenne. La pièce est présentée au Canada (Edmonton, Montréal, Baie-Comeau et Sept-Îles) pour ensuite ravir le public français (Lorient, Saint-Herblain et Bezons). C'est à l'Assomption, en mars prochain, que Wave achèvera sa tournée internationale.
Événement majeur : Sylvain Émard Danse offre en grande première l'intégrale de sa Climatologie des corps - Pluie, Temps de chien et Wave - au réputé festival New Territories à Glasgow, en Écosse, en mars 2009. Ces trois pièces récoltent les éloges du public et de la critique écossaise. Dans le cadre de ce périple britannique, le public gallois réserve un accueil tout aussi chaleureux pour Wave, au Sherman Cymru à Cardiff, puis au Theatr Brycheiniog à Brecon.
Wave a bénéficié de résidences de création à l'Usine C et à Circuit-Est centre chorégraphique à Montréal et au Stadsschouburg Middelburg (Hollande). Wave est une coproduction internationale de Sylvain Émard Danse, de Station Zuid (Pays-Bas), du Grand Théâtre de Lorient (France) et de l'Usine C (Canada).
En 2009, Sylvain Émard se lance dans la création du Grand Continental, dont la présentation inaugurale a lieu lors de l'édition 2009 du Festival TransAmériques. Inspiré de la danse en ligne, ce spectacle rassemble sur la rue Émery à Montréal 61 danseurs amateurs ainsi que 4 professionnels, de toutes les générations. Cette création, festive et éclectique, attire près de 6000 spectateurs lors de ses trois représentations à Montréal. À la demande générale, ce spectacle sera repris au Festival TransAmériques 2010, mais cette fois dans une version encore plus ambitieuse : Le Très Grand Continental mettra en vedette plus de 100 danseurs amateurs sur la place Émilie-Gamelin, du 3 au 6 juin prochain.
Parallèlement, Sylvain Émard entame à l'automne 2009 la création d'un nouveau cycle chorégraphique intitulé Fragments. Ce projet composé de deux phases, Volumes I et II, consiste en deux séries de courtes de pièces (solos et duos) constituant chacune un programme de soirée complet. Le Volume I de ce diptyque, inspiré de la notion d'urgence, mettra en scène l'illustre comédienne Monique Miller et les danseurs chevronnés Manuel Roque, Laurence Ramsey et Catherine Viau. Fragments - Volume I verra le jour au Festival Danse Canada en juin 2010 tandis que la sortie du Volume II est prévue en 2012.
Sylvain Émard Danse reçoit le soutien du Conseil des Arts du Canada, du Conseil des Arts et des Lettres du Québec et du Conseil des Arts de Montréal.