Historique

 

Depuis sa fondation, Sylvain Émard Danse est en évolution constante. À ses débuts, Sylvain Émard se concentre surtout sur la création solo avec Ozone, Ozone (1987) et L’Imposture des sens (1988). Ces œuvres amènent la compagnie pour la première fois en Europe, dans le cadre du Danséchange Montréal-Bruxelles. En 1990, la compagnie coproduit De l’Éden au Septentrion avec Danse-Cité. L’année suivante, Retour d’exil est présenté dans le cadre du Festival international de nouvelle danse de Montréal. Ces œuvres représentent un point de jonction entre un théâtre muet et le langage dansé. En 1990, le chorégraphe reçoit le prix Jacqueline-Lemieux du Conseil des Arts du Canada.

Terrains Vagues (1993) marque le début d’un second cycle de création. Cette œuvre pour trois hommes et une femme permet au chorégraphe de multiplier les interactions entre les danseurs, dynamisant ainsi l’espace. L’approche scénographique est déterminante : trois tonnes de terre sont installées dans un studio pendant plusieurs mois, permettant une plus grande intégration entre la danse et le décor, maximisant ainsi l’impact de l’œuvre. Présentée à Glasgow (Écosse), au Festival Danse Canada (Ottawa), à Montréal, puis en tournée dans l’Ouest canadien et dans les Maritimes, cette pièce concrétise l’amorce d’une diffusion plus large pour le répertoire de la compagnie.

En 1994, Sylvain Émard sent le besoin de revenir à la performance solo et crée Des siècles avec vous. Pour cette pièce, il s’inspire des portraits et autoportraits dans les œuvres de Rembrandt et de Francis Bacon. Émard renonce définitivement à ses références théâtrales au profit d’une danse axée sur la kinesthésie. Le spectacle est très bien accueilli autant par le public que par la critique et le chorégraphe se voit nommé personnalité de l’année en danse par l’hebdomadaire culturel VOIR de Montréal.

Avec Rumeurs (1996), un quintette pour hommes coproduit avec le Festival Danse Canada, le chorégraphe explore l’âme humaine à travers le thème de la mémoire. La pièce obtient un succès sans précédent : assistance exceptionnellement élevée et critiques plus qu’élogieuses donnent un nouvel essor à la compagnie. En 1996, Sylvain Émard Danse est lauréate pour la danse au Grand Prix du Conseil des Arts de la Communauté urbaine de Montréal. La même année, Sylvain Émard se voit remettre le prestigieux prix Jean A. Chalmers de chorégraphie pour l’ensemble de son oeuvre. Cette reconnaissance, la plus haute distinction en danse au Canada, constitue un vif encouragement pour l’artiste.

Avec la création de Mensonge Variations (1998), une pièce pour six danseurs, Sylvain Émard souhaite approfondir l’aspect formel du mouvement dans le but d’en dégager le sens caché. Cette pièce représente, sans aucun doute, l’approche la plus abstraite de toute la démarche artistique du chorégraphe. Après une première mondiale remarquée à Montréal, la compagnie entame une tournée québécoise avant d’être invitée pour la première fois à Paris dans le cadre du Printemps du Québec en France.

En 2000, Sylvain Émard ressent de nouveau l’envie de retrouver la scène en tant qu’interprète. C’est alors que prend forme le projet Te souvient-il? qu’il élabore avec sa complice de longue date, la chorégraphe Louise Bédard. Cette collaboration marque le début d’un nouveau cycle de création pour Sylvain Émard, qui vise l’intégration d’œuvres plastiques au travail chorégraphique. Acclamée comme une œuvre unique, à l’image de la maturité artistique des deux chorégraphes-interprètes, Te souvient-il? connaît un parcours de diffusion exceptionnel avec plus de 50 représentations à travers le Québec, le Canada, le Mexique et la France.

Bénéficiant de plusieurs résidences de création au Québec et en France, Scènes d’intérieur voit le jour en octobre 2001. Se basant sur une approche de recherche documentaire, le chorégraphe s’inspire des témoignages des six danseurs de la pièce et travaille à l’intégration scénographique de la vidéo. Première coproduction internationale de la compagnie, Scènes d’intérieur fait l’objet d’une collaboration liant Sylvain Émard Danse, l’Agora de la danse de Montréal et le Centre culturel Aragon en France. À la fin de son parcours de diffusion, à l’automne 2004, Scènes d’intérieur a été vue dans près d’une vingtaine de villes à travers le Canada, la France et la Grande-Bretagne.

En mars 2004, le duo Pluie, pour un homme et une femme, amorce magistralement la trilogie Climatologie des corps, qui se compose également du sextuor Temps de chien (2005) et du quintette Wave (2008). Ce triptyque s'inspire du climat comme métaphore des éléments extérieurs qui affectent la vie des êtres. Ces trois créations, qui voient respectivement le jour à l’Usine C, suscitent un engouement du public et de la critique au fil de leurs multiples périples des deux côtés de l’Atlantique.

Événement majeur : Sylvain Émard Danse offre en grande première l’intégrale de sa Climatologie des corpsPluie (2004), Temps de chien (2005) et Wave (2008) – au réputé festival New Territories à Glasgow, en Écosse, en mars 2009. Ces trois pièces récoltent les éloges du public et de la critique écossaise. Dans le cadre de ce périple britannique, le public gallois réserve un accueil tout aussi chaleureux à Wave, au Sherman Cymru à Cardiff, puis au Theatr Brycheiniog à Brecon. Wave poursuit son envol avec des tournées au Québec, au Canada et en France à l’hiver et au printemps 2010. Wave a bénéficié de résidences de création à l’Usine C et à Circuit-Est centre chorégraphique. La pièce est une coproduction internationale de Sylvain Émard Danse (Canada), Station Zuid (Pays-Bas), le Grand Théâtre de Lorient (France) et l’Usine C (Canada.

En 2009, Sylvain Émard se démarque une fois de plus en créant Le Grand ContinentalMD  au Festival TransAmériques (FTA). Cette œuvre hybride, à la croisée de la danse en ligne et de la danse contemporaine, met en scène une soixantaine de danseurs amateurs de tous âges et de tous horizons. En 2010, la distribution du spectacle double pour Le Très Grand Continental, présentée au FTA. La cuvée mexicaine du concept, intitulée El Gran Continental, prend l’affiche du Festival de México, en mars 2011. Cette version latino-américaine, inspirée des danses sociales locales, donne la vedette à 110 danseurs mexicains. En octobre 2013, 150 interprètes amateurs locaux font revivre El Gran Continental, alors que la pièce investit trois quartiers emblématiques de la capitale mexicaine.

En mai 2011, Sylvain Émard offre une toute nouvelle mouture de son désormais célèbre Grand ContinentalMD. Encore plus imposante que les versions précédentes, Le Continental XL met en scène 200 danseurs amateurs et marque le coup d'envoi du 5e Festival TransAmériques, sur la place des Festivals, à Montréal. Cette nouvelle édition vaut à Sylvain Émard le titre de Personnalité de la semaine La Presse/Radio-Canada. Le concept s’exporte avec succès jusqu'à New York, Philadelphie, Portland (Oregon), Ottawa, Boston, Vancouver, Ansan (Corée du Sud) et Wellington (Nouvelle-Zélande). À ce jour, près de 2000 danseurs amateurs ont participé à l’une ou l’autre des 13 éditions et pas loin de 85 000 spectateurs ont eu le bonheur d’assister au spectacle.

Alors que Le Grand ContinentalMD prend de l'expansion, Sylvain Émard replonge dans un univers plus intime. Fragments – Volume I voit le jour au Festival Danse Canada en juin 2010. Inspirée de la notion d'urgence, cette création consiste en une série de courtes pièces: trois solos et un duo. Elle prend l'affiche de la série Danse Danse, coprésentée par la Saison Cinquième salle, en octobre 2011, avant de sillonner le Canada et l’Europe au printemps 2012. Ce spectacle est une coproduction de Sylvain Émard Danse et du Festival Danse Canada et a reçu le soutien du Goethe-Institut. En mai 2015, Fragments – Volume I est présentée au Brighton Festival et au Dublin Dance Festival.

En octobre 2012, Sylvain Émard commence la création de Ce n’est pas la fin du monde, dans laquelle il approfondi l’exploration de la notion d’urgence amorcée dans sa pièce précédente. La pièce, conçue pour sept interprètes masculins, reçoit un accueil des plus chaleureux lors de sa première mondiale au Théâtre Jean Vilar à Eysines dans le cadre de la biennale Danse Toujours se déroulant à Bordeaux et ses environs. Cette œuvre est une coproduction de Sylvain Émard Danse, de la Ville d'Eysines/Le Plateau, du Théâtre de Lorient (France) et de la Brian Webb Dance Company (Canada), avec le soutien de l'iddac, Agence culturelle de la Gironde (France). Lors de ce même festival, la compagnie reprend Wave (2008) et Fragments – Volume I (2010) et Sylvain Émard crée un autoportrait chorégraphique pour l'ouverture de l’événement.

En 2014, Ce n'est pas la fin du monde traverse de nouveau l'Atlantique pour une tournée française. En 2015 et 2016, le spectacle entreprend une série de représentations au Canada : la compagnie, qui célèbre son 25e anniversaire, s’arrête alors à Montréal, Régina, Toronto, Edmonton et Québec.

2017 est l’année de tous les extrêmes. En effet, après 15 ans d’absence, Sylvain Émard remonte sur scène dans un tout nouveau solo, Le chant des sirènes, créé en avril à l’Agora de la danse. Il présentera égalementLe Super Méga Continental avec 375 danseurs amateurs sur la place des Festivals, à l’occasion du 375e anniversaire de Montréal, en septembre.

Le style unique et les qualités de créateur rigoureux et inventif de Sylvain Émard lui permettent à d’œuvrer à titre de chorégraphe invité dans le milieu du théâtre, de l’opéra et du cinéma, ainsi que dans des institutions d’enseignement de la danse réputées. En 2004, Robert Lepage l’invite à chorégraphier l’opéra 1984 de Lorin Maazel, dont la première a lieu au Royal Opera House de Covent Garden à Londres. Sylvain Émard dirigera plus tard la reprise de cet opéra d’envergure à la légendaire Scala de Milan (2008), puis au Palais des Arts Reina Sofia à Valence, Espagne (2011).

Depuis toujours, Sylvain Émard a à cœur de participer au développement de la discipline et contribue à relever les défis auxquels le milieu fait face. En 1987, il fonde avec quelques collègues Circuit-Est centre chorégraphique. Près de trente ans après sa création, ce projet novateur incorporant plusieurs compagnies artistiques membres est aujourd’hui cité en exemple partout dans le monde. De 1993 à 1994, il est le président du conseil d’administration du Regroupement québécois de la danse. Sous sa gouverne auront lieu les tout premiers états généraux de la danse au pays. Il fera également partie du comité directeur des Second États généraux en 2008-2009. On le retrouve sur d’importants conseils d’administration : les Prix du Gouverneur général pour les arts de la scène de 2000 à 2006, les Prix de la danse de Montréal et La danse sur les routes du Québec depuis 2011.